Compte à rebours · Expatriation
S’expatrier : les six mois avant le départ, étape par étape
Publié le . Informations vérifiées en
S’installer à l’étranger change votre protection sociale, vos impôts, votre retraite et la scolarité des enfants. Certaines démarches doivent être faites depuis la France, d’autres seulement une fois arrivé. Voici l’ordre, de J‑180 à J‑0, vérifié le 13 octobre 2026.

Vous partez vivre et travailler dans un autre pays pour plusieurs années, seul ou en famille, avec un contrat local, un détachement ou une activité indépendante.
- J‑180Établir votre statut : détachement (vous restez au régime français) ou expatriation (régime du pays). Vérifier s’il existe un accord de sécurité sociale entre la France et ce pays.0 €Site officiel
- J‑170Lancer le visa ou le permis de séjour et de travail du pays d’accueil, selon la procédure de son consulat ; noter les pièces à faire traduire ou légaliser.Site officiel
- J‑160Faire le point retraite : relevé de carrière en ligne, périodes prises en compte si un accord de sécurité sociale existe, cotisation volontaire possible sinon.Site officiel
- J‑150Scolarité : contacter les établissements français homologués de la ville (frais propres à chacun) ou préparer une inscription réglementée au Cned, soumise à l’avis de l’ambassade.Site officiel
- J‑120Choisir sa protection santé : régime local, adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger, assurance privée, ou une combinaison des trois.Site officiel
- J‑100Déménagement international : faire visiter le logement par plusieurs déménageurs, comparer les devis, l’assurance des biens et les formalités de douane du pays d’arrivée.
- J‑90Réunir les papiers : passeports de toute la famille, actes de naissance et de mariage, diplômes, dossiers médicaux et scolaires, traduits si le pays l’exige.86 € par passeport d’adulteSite officiel
- J‑60Demander le permis international en ligne pendant que votre résidence est encore en France : valable trois ans, environ quinze jours de délai.7,25 €Site officiel
- J‑45Banque : demander si votre compte français est maintenu pour un non-résident et à quel prix ; préparer l’ouverture du compte local. Chaque compte étranger se déclare au fisc.
- J‑30Impôts : signaler la nouvelle adresse et la date de départ dans votre espace en ligne ; l’année suivante, déclarer les revenus perçus jusqu’au départ.0 €Site officiel
- J‑15Consultation médicale pour toute la famille : vaccins adaptés au pays, ordonnances pour plusieurs mois, copie du dossier médical.Site officiel
- J‑7Prévenir votre caisse d’assurance maladie de la date de départ ; hors Espace économique européen, la carte Vitale est à restituer quand vous ne relevez plus du régime français.Site officiel
- J‑0Une fois installé : s’inscrire en ligne au registre des Français établis hors de France, avec un justificatif de domicile dans le pays. Gratuit, valable cinq ans.0 €Site officiel
Détaché ou expatrié : la question qui commande le reste
Le Cleiss distingue deux situations. Le détachement vous maintient au régime français de sécurité sociale pendant une durée limitée, à l’initiative d’un employeur établi en France. L’expatriation commence quand vous ne cotisez plus en France : vous relevez du régime du pays d’accueil, sans limite de durée. Dans un pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou en Suisse, les règlements européens organisent le passage d’un régime à l’autre. Ailleurs, tout dépend de l’existence d’un accord bilatéral de sécurité sociale, dont le Cleiss tient la liste et le contenu, pays par pays.
Sans accord, la France ne vous couvre plus. L’adhésion à la Caisse des Français de l’étranger est volontaire : selon le Cleiss, elle couvre la vieillesse et l’invalidité dans l’Union européenne, tous les risques dans les autres pays, et ne dispense jamais des cotisations obligatoires du pays de travail. Elle évite aussi un délai d’attente au retour.
Les pièges
- Le permis international demandé trop tard. Il n’est délivré qu’aux personnes dont la résidence normale est en France. Une fois installé, vous ne pouvez plus le demander.
- Le registre consulaire avant le départ. L’inscription exige un justificatif de domicile dans la circonscription du consulat : elle se fait sur place. Elle n’est pas obligatoire, mais elle conditionne les bourses scolaires, facilite le renouvellement des papiers et l’inscription sur les listes électorales.
- Les comptes étrangers non déclarés. Chaque compte ouvert hors de France se déclare chaque année avec la déclaration de revenus. L’oubli est sanctionné par une amende, même sans revenu imposable.
- L’année du départ. Vous déclarez au printemps suivant les revenus perçus du 1ᵉʳ janvier jusqu’au départ, et, à part, vos revenus de source française perçus ensuite. Si vous en gardez (loyers, par exemple), le service des impôts des non-résidents devient votre interlocuteur. La convention fiscale entre la France et le pays d’accueil dit où chaque revenu est imposé.
- La retraite oubliée. Hors accord, les années travaillées à l’étranger ne comptent pas pour la retraite française. Une cotisation volontaire est possible ; la décision se prend mieux avant le départ, relevé de carrière en main.
Ce qui prend le plus de temps
Le visa de travail, d’abord : ses délais dépendent du pays et du consulat, et certaines pièces doivent être traduites ou légalisées. Ensuite, la scolarité. Le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger compte 640 établissements homologués dans 140 pays ; chacun fixe ses frais et ses dates d’inscription, et les places se réservent tôt. Les bourses scolaires se demandent au consulat, selon un calendrier propre à chaque pays. L’autre voie est le Cned en classe à inscription réglementée : depuis l’étranger, une première inscription demande l’avis favorable du conseiller de coopération et d’action culturelle de l’ambassade.
Enfin, le déménagement. Un déménagement international se chiffre après visite, au volume. Le devis précise le mode de transport (conteneur partagé ou complet), le délai, l’assurance (sur une valeur que vous déclarez, bien par bien) et les formalités douanières : beaucoup de pays admettent les affaires personnelles en franchise lors d’un changement de résidence, sous conditions et avec un inventaire. Pour le logement que vous quittez, réglez préavis ou gestion avant de fixer la date de chargement.
Ce qui se fait sur place
L’inscription au registre, l’ouverture du compte local, l’affiliation au régime de sécurité sociale du pays, le permis de conduire local quand le permis international ne suffit plus. Le téléphone aussi : voir eSIM ou forfait, et pour les frais de change, payer et retirer de l’argent à l’étranger.
Pour la santé, les vaccins dépendent du pays : voir vaccins et santé avant un long voyage. Avant de partir, consultez un médecin ou un centre de vaccinations internationales. Si l’expatriation commence par un visa vacances-travail, le calendrier est différent : voir partir en PVT en Australie, ou les fiches Canada et Suède pour deux pays où l’on s’installe souvent.
Sources
- Cleiss, Vous partez travailler à l’étranger ; FAQ Expatriation (lues le 13/10/2026)
- Service-Public.fr, Inscription consulaire au registre des Français établis hors de France (vérifié le 29/09/2025)
- Service-Public.fr, Assurance maladie d’un Français vivant à l’étranger (vérifié le 11/01/2023)
- Service-Public.fr, Permis international pour conduire à l’étranger (vérifié le 03/03/2026)
- Direction générale des Finances publiques, Je pars vivre à l’étranger, quelles démarches dois-je accomplir ? (lu le 13/10/2026)
- Agence pour l’enseignement français à l’étranger, Le réseau des établissements homologués et les bourses scolaires (lu le 13/10/2026)
- Cned, L’inscription en classe complète réglementée à l’international (publié le 01/06/2026)